Le Bénarès-Kyoto

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Dans cette fin de période de prix littéraires, quelques livres restent de gros succès, d’autres restent cachés sur les étagères des librairies. Et ce, même avec le Renaudot Essai. C’est le cas cette année du Bénarès Kyoto, récit de voyage autour de l’Asie d’Olivier Germain-Thomas. Le citoyen lit de moins en moins, se fie seulement aux best-sellers de l’époque et sont poussés à l’achat par les grands moyens donnés par la publicité. Les grands lecteurs, eux, s’éloignent du contexte des prix, trop fades et commerciaux à leur goût. Quand en plus l’on découvre les dessous de ces prix littéraires, entre jury manipulés et scandales autour des éditeurs, comment reconnaître un bon livre d’un grand livre ? Un de ces livres qui pourrait s’inscrire dans la lignée de nos chez d’oeuvres du XXème siècle ? Un livre bien écrit, certes, mais surtout un livre qui permet de faire un point sur notre monde, en partant ailleurs. Pas besoin de prier devant votre boss pour partir quelques jours en Inde, pas besoin de trainer les enfants alors que vous voulez partir seul, pas besoin de dire à votre femme ou mari, que votre vie vous ennuie. Prennez le temps de lire un Vrai livre, et un bon, celui qui vous ammenera loin, pour vivre avec l’auteur la traversée des religions et des cultures d’Asie, celles dont on ignore tout. Passer une nuit au Laos, rencontrer des peintres en Chine, des mendiants en Inde, et les forêts du Japon. Une manière de pratiquer la « philosophie par les pieds » de Germain-Thomas, de rendre vivantes les principales valeurs de l’Asie, que l’auteur connaît si bien, et qui marquent de plus en plus notre Occcident. Pas besoin de prix pour tout ça.

Extraits

Laos :

Le bateau gagne le milieu du fleuve, il évite les bancs de sable. Des enfants nous saluent, des buffles, des bufflesses et leurs buffletins descendent boire d’un pas chaloupé, un pêcheur jette un filet, un homme crache sur le pont du bateau, un bébé au sein connaît une félicité qu’il passera sa vie à rechercher, les barbares emprisonnent des images dans des boîtes, une jeune Laotienne les mange des yeux, un radio éructe de la bouillie(…), les montagnes gardent les fleurs et racines, secrets des guérisons.

En Europe il neige.

Japon :

La femme japonaise est un chef-d’oeuvre. Il s’éffrite. La japonaise pratique une féminité à la sexualité cachée. Derrière l’écrin, une grande sentimentalité.

Elle naît mère et ne devient épouse ou maîtresse qu’en passant. Elle regarde les passions des hommes (pouvoir, argent, sexe, alcool) comme les caprices d’un enfant.

Elle sert le saké comme si elle donnait la tétée. Elle met à l’hôte une serviette autour du cou comme elle lange. Elles semblent sorties d’une machine à laver et d’une boîte à musique.

Prendre l’âge pour une femme, c’est gagner en art.

Mes pensées dorment si je les assieds. Mon esprit ne va si mes jambes ne les agitent.

Montaigne

Essais, III, 3

___NOTE 7/10____________________________________

Le Bénarès Kyoto

Editions du Rocher

18 Euros – 270 Pages

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Published in: on décembre 8, 2007 at 3:54  Laisser un commentaire  

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